24/06/2010

FUNNY DEATH

En ces temps de déprime nationale post-défaite footballistique, votre blogueuse préférée (qui doit être lue, en tout, par elle-même et quelques pauvres petits geeks perdus au milieu de nul part) veut remettre un peu de baume au cœur à la France entière. Pour cela, il me fallait donc trouver un sujet à la fois léger et dynamisant, un truc qui parle à tout le monde, et qui pourrait rendre le sourire aux déçus du ballon rond. Et quoi de mieux que la mort, hein ? Bon, d'accord, dit comme ça, ça n'a rien de réjouissant. Mais laissez moi donc continuer : la mort, mais vu par les auteurs de deux séries plus ou moins connues, Six Feet Under et Dead Like Me. Les deux parlent de ce sujet de façon décalée, drôle et mordante.





La première est une sorte d'icône intouchable pour les amateurs de séries. Montrant la vie à la fois hors normes et terriblement familière d'une famille de croque-morts de Los Angeles, Six Feet Under est vite devenue culte. Véritable bijou d'humour noir, elle se distingue surtout par sa richesse scénaristique et son ton novateur, à la fois décalé et humain. S'étalant sur 5 saisons, la série n'a été que partiellement diffusée en France : seul Canal+ et France 4 lui sont restés fidèles tout du long, France 2 n'ayant programmé que les 3 premières saisons. Il faut dire que le sujet principal n'est pas des plus faciles à présenter à un large public. Cependant, les Fisher n'ont rien d'une famille Adams version années 2000 : chaque personnage est travaillé, pensé avec une justesse que l'on déplore de ne toujours pas trouver dans nos productions françaises. Six Feet Under parle des questions que se pose l'Amérique d'aujourd'hui : la mort bien entendu, mais aussi la fraternité, l'homosexualité, l'identité face à la société et ses préjugés. Pourtant, ces thèmes sont abordés sans lourdeur, sans le pathos que nous servent bien souvent les studios. Les hallucinations dont sont "victimes" les principaux protagonistes donnent souvent lieu à d'hilarants moments cultes. Et que dire des acteurs, tous excellents, en tête celui que l'on connait désormais sous les traits de Dexter, Michael C. Hall. Rien n'est laissé au hasard : chaque détails vient ancrer plus profondément le monde des Fisher dans une réalité légèrement acide et toujours plus décalé (comment ne pas apprécier la jeune Claire et son corbillard vert ?). L'humour et la modernité qui enrobent le tout fait de la série une référence, comme c'est souvent le cas avec les productions d'HBO, actuellement diffuseur de l'excellent True Blood.



Dead Like Me n'est pas tout aussi parfait, certes. Mais il faut avouer qu'il a du falloir beaucoup de culot aux auteurs pour présenter leur projet à ShowTime. En effet, le côté ultra réaliste de Six Feet Under fait place ici à une plongée dans un fantastique savamment dosé : la série raconte les déboires d'une bande de faucheurs d'âme (oui oui, vous avez bien lu). Eh oui, le monde abriterait ces êtres ni tout à fait morts ni tout à fait vivants, chargés d'accompagner les âmes de défunts vers la lumière, le tout sans reprendre contact avec leur famille ou leurs anciens amis. Seulement voilà : les faucheurs en question ne sont ni payés, ni vraiment attachés aux règles. Et nous découvrons cet étrange entre-deux-monde du point de vue de la jeune Georgia, tout juste décédée (écrasée par les toilettes de la station Mir...) et devenue faucheuse à son tour. Bien moins humaniste que sa consœur de chez HBO, Dead Like Me mise d'avantage sur son potentiel drolatique, et notamment sur les morts, toutes plus burlesques et absurdes les unes que les autres, présentes dans chaque épisode. On ne voit donc pas la mort du point de vu des vivants, mais de celui de ceux qui la provoque. Il suffit de ne regarder que le générique pour comprendre tout le propos des scénaristes. Nos faucheurs sont, bien qu'un peu caricaturaux, tout aussi drôles et en décalages avec leur époque : le drogué cleptomane, le patron pince-sans-rire, la contractuelle hautaine, l'ex starlette de cinéma... Diffusée sur France 4, la série n'a pourtant eu qu'une existence relativement courte, puisqu'elle a été annulée à la fin de la saison 2, et prolongée d'un film peu apprécié du public.

Ces deux séries, chacune à leur façon, nous amène donc à porter un regard différent sur la mort, sans pour autant la tourner en dérision de façon dérangeante ou trop facile. Bien qu'elles soient toutes les deux enterrées depuis un petit moment, allez faire un petit tour au cimetière : c'est souvent bien plus intéressant qu'un match de l'Equipe de la France...

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