02/04/2010

BAD IS BAD

Lecteur-lectrice,

Ma première élucubration sera donc adressée au célèbre magazine de cinéma français, Première. Ca fait bientôt 4 ans que je le reçois chaque mois dans ma petite boîte aux lettres, et il est impossible de ne pas avoir remarqué le changement d'orientation et de propos qu'ont connu la rédaction et la forme elle-même du mensuel.

Bien sûr, il faut rappeler que ces dernières années, la presse écrite a rencontré de grandes difficultés. Avec l'arrivée massive d'Internet et des nouveaux médias d'information, les journaux ne possèdent plus vraiment le "scoop" attendu par le lecteur, qui en un clic et deux/trois tweets peut tout savoir sur tout en quelques secondes. Il faut donc chercher à faire avec. Certains, comme Studio et Cinélive, combattent la crise en alliant leur force pour ne former plus qu'un seul et unique magazine. D'autres, et j'en viens ici plus précisément au cas de Première, cherchent à attirer de nouveaux lecteurs.



Prenons pour exemple le tout dernier numéro : en couverture, une photo du beau Matt Damon façon GQ. Un sous-titre, "Arme de séduction massive", qui fait penser par son (mauvais ?) jeu de mot à un mensuel féminin de bas étage. Surtout que l'on parle aussi blush et maquilleurs. Au sommaire ce mois-ci : focus sur Twilight 3 et Tron 2. L'hebdomadaire pour ados n'est pas loin.

Passons sur les critiques, qui disent une chose dans les colonnes et une autre sur les bus de ma ville (parfaitement frappant avec la sortie de Nine il y a quelques semaines, descendu (presque) en flèche par un journaliste mais "éblouissant" sur les affiches promotionnelles), et les multitudes de pages de photos des uns et des autres qui sembleraient presque devenir un moyen d'épaissir le tout. Les articles les plus intéressants sont perdus entre des dossiers vus et revus (Depardieu... magistral exemple de recyclage journalistique) et profusion de publicités.

Mais, ô misère, où est donc passée cette rubrique façon "look de star" qui hantait encore les pages du numéro précédent ? Pouf, disparue. Il n'empêche, cette double page m'avait glacé le sang sur papier plus glacé encore. Pourquoi consacrer une place à ce genre de niaiserie dans un magazine qui parle cinéma ? La réponse se trouve tout simplement sur le site Internet de Première : un énorme partenariat avec Public, n°1 de la presse people.

Là où certains s'unissent pour tenter d'orienter deux lectorats vers un seul produit fini, Première choisi une alliance tactique : en se "peopolisant", il attire un nouveau public, plus jeune et moins exigeant. La facilité donc.

Tout cela est tellement dommage que, je te le dis lecteur-lectrice, je ne repartirai pas pour une cinquième année en Première "classe".

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